Mardi 13 septembre 2005
 
Selon le sous-préfet, la mesure prise cet été a très peu gêné les plaisanciers
 
Les nouveaux horaires mis en place cet été, à l'écluse du barrage, pour fluidifier la circulation, ont suscité la polémique. A l'heure du bilan, le sous-préfet n'exclut pas de renouveler l'opération l'été prochain. En attendant, il laisse la place à la réflexion. Des groupes de travail vont plancher sur le problème.

Jeudi, le dispositif expérimental mis en place au barrage de la Rance prendra fin. L'écluse retrouvera son rythme habituel, en se levant toutes les heures si des voiliers se présentent à l'entrée du sas. Au début de l'été, le sous-préfet avait décidé de modifier les horaires afin de faciliter la circulation. « Il ne s'agissait pas d'avantager les automobilistes, souligne Jean-Philippe Setbon, mais de réduire le nombre d'accidents causés par les embouteillages et faciliter les interventions des secours. » N'empêche, les conducteurs ont certainement apprécié la mesure. Sur cette route départementale (la plus fréquentée d'Ille-et-Vilaine, avec 40 000 véhicules par jour au plus fort de l'été), l'attente au barrage est souvent interminable, en période estivale.

Le nombre de bateaux a augmenté

Le 11 juillet, l'arrêté du sous-préfet a bouleversé les habitudes. Le barrage ne se levait plus aux heures de pointe, de 12 h à 14 h et de 17 h à 19 h. La mesure provoque alors la colère les plaisanciers, surtout sur les bords de Rance, du côté de Dinan. D'ailleurs, elle sera modifiée quelques jours plus tard : le barrage se lève à nouveau à 13 h et à 18 h, pour éviter de trop longues attentes à l'écluse. Malgré tout, Jean-Philippe Setbon n'est pas revenu sur sa décision, comme certains l'auraient souhaité.

La semaine dernière, il a tiré le bilan de cette expérimentation, en réunissant élus, représentants des administrations, associations de plaisanciers ou de commerçants, gendarmes, syndicats, etc. à l'École nationale de la marine marchande. Au total, une cinquantaine de participants, parmi lesquels le sous-préfet de Dinan, ou encore René Couanau, le maire de Saint-Malo.

D'après le sous-préfet, les nouveaux horaires n'ont pas beaucoup gêné les plaisanciers. Il argumente, chiffres à l'appui. Cet été, en dépit de l'arrêté, 8 509 bateaux ont franchi l'écluse, contre 8 118 l'an dernier. Une hausse de la fréquentation, qui touche aussi les voiliers (4 155 contre 3 953). « 220 bateaux n'ont pas pu passer l'écluse à l'heure voulue. C'est plus qu'en 2004, mais ce n'est pas énorme comparé au trafic maritime sur la Rance », commente Jean-Philippe Setbon. Il est conforté par le nombre d'accidents (aucun durant l'été à l'approche du barrage) et par les délais d'intervention des secours (pas de retard lorsque pompiers ou policiers de Saint-Malo ont dû intervenir sur la rive gauche de la Rance).

Le sous-préfet n'a pas décidé de prolonger ces nouveaux horaires au-delà de la saison touristique, même s'il pense que la formule pourrait être étendue à la basse saison. « On pourrait imaginer de ne pas lever le barrage à 8 h, quand les gens vont au travail, ou à midi, quand ils rentrent déjeuner chez eux. » Non, il préfère encourager la réflexion. Des groupes de travail mêlant usagers, administrations et élus vont se réunir dans les prochains mois, pour proposer des solutions. « Il ne s'agit pas de perdre du temps, mais d'aboutir à des solutions négociées, prévient Jean-Philippe Setbon. Si ce n'est pas le cas, je n' exclue pas de renouveler l'arrêté l'été prochain. »

Olivier BERREZAI.

 

 
par HUET Bertrand publié dans : saintservan
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