Jeudi, le dispositif expérimental mis en place au barrage de la Rance prendra fin. L'écluse retrouvera son rythme habituel, en se levant toutes les heures si des voiliers se présentent à l'entrée du sas. Au début de l'été, le sous-préfet avait décidé de modifier les horaires afin de faciliter la circulation. « Il ne s'agissait pas d'avantager les automobilistes, souligne Jean-Philippe Setbon, mais de réduire le nombre d'accidents causés par les embouteillages et faciliter les interventions des secours. » N'empêche, les conducteurs ont certainement apprécié la mesure. Sur cette route départementale (la plus fréquentée d'Ille-et-Vilaine, avec 40 000 véhicules par jour au plus fort de l'été), l'attente au barrage est souvent interminable, en période estivale.
Le nombre de bateaux a augmenté
Le 11 juillet, l'arrêté du sous-préfet a bouleversé les habitudes. Le barrage ne se levait plus aux heures de pointe, de 12 h à 14 h et de 17 h à 19 h. La mesure provoque alors la colère les plaisanciers, surtout sur les bords de Rance, du côté de Dinan. D'ailleurs, elle sera modifiée quelques jours plus tard : le barrage se lève à nouveau à 13 h et à 18 h, pour éviter de trop longues attentes à l'écluse. Malgré tout, Jean-Philippe Setbon n'est pas revenu sur sa décision, comme certains l'auraient souhaité.
La semaine dernière, il a tiré le bilan de cette expérimentation, en réunissant élus, représentants des administrations, associations de plaisanciers ou de commerçants, gendarmes, syndicats, etc. à l'École nationale de la marine marchande. Au total, une cinquantaine de participants, parmi lesquels le sous-préfet de Dinan, ou encore René Couanau, le maire de Saint-Malo.
D'après le sous-préfet, les nouveaux horaires n'ont pas beaucoup gêné les plaisanciers. Il argumente, chiffres à l'appui. Cet été, en dépit de l'arrêté, 8 509 bateaux ont franchi l'écluse, contre 8 118 l'an dernier. Une hausse de la fréquentation, qui touche aussi les voiliers (4 155 contre 3 953). « 220 bateaux n'ont pas pu passer l'écluse à l'heure voulue. C'est plus qu'en 2004, mais ce n'est pas énorme comparé au trafic maritime sur la Rance », commente Jean-Philippe Setbon. Il est conforté par le nombre d'accidents (aucun durant l'été à l'approche du barrage) et par les délais d'intervention des secours (pas de retard lorsque pompiers ou policiers de Saint-Malo ont dû intervenir sur la rive gauche de la Rance).
Le sous-préfet n'a pas décidé de prolonger ces nouveaux horaires au-delà de la saison touristique, même s'il pense que la formule pourrait être étendue à la basse saison. « On pourrait imaginer de ne pas lever le barrage à 8 h, quand les gens vont au travail, ou à midi, quand ils rentrent déjeuner chez eux. » Non, il préfère encourager la réflexion. Des groupes de travail mêlant usagers, administrations et élus vont se réunir dans les prochains mois, pour proposer des solutions. « Il ne s'agit pas de perdre du temps, mais d'aboutir à des solutions négociées, prévient Jean-Philippe Setbon. Si ce n'est pas le cas, je n' exclue pas de renouveler l'arrêté l'été prochain. »